En réponse à
l'article de 20 minutes .
L'heure est grave. Notre premier ministre, par ces propos aujourd'hui sur RMC, tend à donner raison à ce professeur qui a giflé un élève. « Il n'est pas acceptable qu'un élève traite un enseignant de connard, c'est une faute qui mériterait pour l'élève, semble-t-il, une sanction plus sérieuse que celle qui a été prise et donc oui, je soutiens cet enseignant ». Cet élève a pourtant était renvoyé trois jours. « Ce n'est jamais une bonne solution de gifler un élève, mais en même temps je soutiens les enseignants qui ont besoin d'un peu de discipline et d'un peu de respect pour faire fonctionner les classes ».
J'en discutais il y a peu avec Michael.
La loi française ne donne pas raison à ceux qui frappent. Tout simplement. C'est une atteinte physique. C'est grave, traumatisant, douloureux. Si un adulte reçoit une gifle, pour n'importe quelle raison, même face à une insulte, il a le droit de porter plainte comme l'agresseur (la gifle est une agression).
Quand Fillon dis « pas une bonne solution de gifler un élève, mais… », il se contredit est légitimise, de par sa position de premier ministre, la gifle, quand elle a pour motif de se faire respecter. Hors, je pense que quand un mec dans la rue reçoit un « sale arabe », et qu'il gifle l'auteur de l'insulte, Fillon trouve normal qu'il soit emmener au poste. Alors, quelle limite ? De plus, un enfant recevant un gifle d'un autre enfant, c'est désagréable, moralement et physiquement. Mais d'un adulte, c'est bien pire : dévalorisation (faiblesse d'être une enfant sans pouvoir riposter), légalisation de l'esprit de revanche (la gifle vient suite à une insulte, il y a donc surenchère dans la violence), légalisation du faible et du fort (risque que l'enfant, devant adulte, se prenne pour le fort et n'hésite pas à répéter ce qu'il a connu en giflant, par exemple, son enfant qui grandissant lance des gros mots pour tester les limites). Et, par ailleurs, si un professeur insulte un enfant, ce qui n'est malheureusement pas rare, l'enfant peut-il gifler son professeur ?
Fillon tolère, encourage, cet esprit de revanche. Par là même, il n'exclut pas que la violence soit une solution pour régler les problèmes. Retour au bagne et au travaux forcés ?
Si j'étais lui, j'aurais soutenus la mise en place de formations adaptées aux âges et aux cultures des enfants, pour permettre de démontrer son autorité d'une manière efficace. Car il n'est pas dans le rôle du professeur d'inculquer les valeurs du respect à l'enfant, mais aux parents. Son rôle est d'instruire, d'apporter la connaissance. Permettons-lui de le faire avec la plus grande facilité !