Depuis l’attentat de Charlie Hebdo, c’est dur de rire. J’étais au travail, je revenais de fumer une cigarette, et je voyais l’attroupement devant la télévision qui diffuse BFM en permanence. Je les rejoins. Très vite, je comprends aux défilement en bas de l’image qu’il y a eu une fusillade, que les pompiers y sont, qu’ils y a des blessés, des morts. 

Je suis Charlie, par Mylène Farmer, #JeSuisCharlieJe crois que ça venait de se passer quelques minutes avant. Je voyais l’air grave de mes collègues. J’ai eu d’abord envie de rire, me demandant ce qu’était ce canular ! Impossible que cela soit vrai, impossible ! Mais si. Mon téléphone me le confirma. Je retournais à ma réunion, en leur demandant s’ils avaient appris la nouvelle.

Impossible de travailler correctement l’après-midi. Plus j’en apprenais, plus je devais contenir mes larmes. Je savais que je ne pourrais aller au rassemblement le soir, et ça me désespérait. Des souvenirs de la bombe du RER à Saint-Michel me revenait, ce RER qu’on avait faillit prendre avec mon père. Je pensais à Yo qui était mal, à ma famille. J’avais envie de retrouver les miens.

Le jeudi matin j’apprenais sur Facebook la fusillade par une amie qui l’entendait de sa fenêtre. Le vendredi idem, par un ami qui était dans l’école à côté. Et Yo qui n’était jamais loin, Yo et ma belle-famille. Ces deux jours, les échanges SMS étaient légion.

La minute de silence au travail m’a fait du bien, même si au final c’est le seul moment où j’ai pu retenir mes larmes sans problème. Aller à la veillée le jeudi soir était une bonne idée. De voir comment chacun affrontait son deuil, affrontait les événements, et allait pleurer devant les bougies.

Mon grand-père m’avait envoyé dimanche un mail émouvant sur les premières et dernières fois. Je voulais y répondre mercredi, hasard de mon planning. Je ne pensais pas revivre un tél attentat.

J’expliquais à ma mère que je craquais, que je ne savais pas particulièrement la raison de mes pleurs. Elle me répondait par cette vidéo :

Hier soir, quand les mecs sont morts, on était tous à nouveaux devant BFM au travail. J’avais passé la journée avec France Inter dans les oreilles. Je voulais qu’on les attrape vivant. Mais voilà, c’est fait.

Trop de morts. Trop de blessés. Trop de symboles visés.
Mais je vois une France qui se lève, qui se réveille, et je suis fier de mon pays.

je suis charlie

%d blogueurs aiment cette page :